Les dessous politiques de la persécution des Roms d’Europe centrale et de l’Est

Les dessous politiques de la persécution des Roms d’Europe centrale et de l’Est

Les Roms sont la minorité ethnique la plus discriminée[1]. Leur population en Europe étant estimée entre huit et dix millions, le peuple rom est aussi la première minorité culturelle du Vieux Continent. Son histoire et son identité profondément européennes sont entourées d’un brouillard tenace de stéréotypes, à l’origine d’une persécution incessante. Les groupes restés en Europe centrale et de l’Est continuent d’être rejetés au quotidien. Au cœur de ces discriminations multiples, des enjeux politiques et électoraux rendent les Roms à la fois invisibles et boucs émissaires. Afin de bien saisir les dessous politiques de la persécution des Roms d’Europe centrale et de l’Est, il convient donc de dresser leur portrait historique et d’expliquer les tenants des discriminations auxquelles ce peuple fait face. 

Cet article a été publié dans le recueil Angles morts internationaux de L’Esprit libre. Il est disponible sur notre boutique en lign ou dans plusieurs librairies indépendantes.

« Les gitan[·e·]s sont romantiques, [elles et] ils font de la musique, sont des nomades et des diseurs [et diseuses] de bonne aventure », déclare un membre du public de la conférence « Nothing about us without us ». C’était le 7 avril 2017, à l’occasion de la journée internationale des Roms. Cette anecdote résume l’idée erronée que la population se fait des Roms. Car l’enjeu au sujet de la problématique rom n’est pas que ce peuple est inconnu, mais plutôt méconnu, selon Jean-Pierre Liégeois, sociologue et fondateur du Centre de recherches tsiganes de l’Université Paris Descartes. 

Décrire la communauté rom demande à définir ce qu’elle n’est pas. Elle est le sujet de nombreux amalgames et erreurs, générant un brouillard de confusion autour de sa véritable identité. Comment l’appeler quand elle est confondue avec les Tsiganes, les Gens du voyage ou les Sinti, pour ne citer que les plus connus ? Comment dénombrer les Roms puisqu’il n’existe pas une seule culture rom et qu’il y a une multitude de communautés roms différentes aux pratiques et aux valeurs spécifiques ? En témoignent aussi les écarts de chiffres quant à leur nombre.

Au Canada, le Centre communautaire rom de Toronto estime leur population à 80 000 personnes, bien que 5 300 personnes se soient identifiées roms lors du recensement de 2011[2],[3]. Et puis, si les Roms sont perçu·e·s comme étant des nomades, en réalité, une majorité de cette population est sédentaire. C’est plutôt leur capacité au voyage et leur historique fait de déplacements circonstanciels qui les caractérisent[4].

L’origine indienne des Roms

Le terme « tsigane » est utilisé par souci de simplicité plus englobante par les non-Roms. Mais la dénomination « Rom » est celle utilisée par la communauté pour s’auto-identifier. Elle signifie « homme » et peut aussi désigner les populations de langue romani. En démontrant des ressemblances de cette dernière avec le sanskrit, la linguistique a permis de situer l’origine des Roms au nord-ouest de l’Inde au XIe siècle.

À partir de cette origine, les Roms construisent leur identité commune sur une histoire douloureuse et violente, mais aussi sur leur migration. Dans une entrevue accordée à L’Esprit libre, Léon Grimard, doctorant en anthropologie à l’Université de Montréal et spécialiste des Roms en Europe, rappelle que la recherche est encore incertaine quant à la nature de la migration rom. « On sait qu’au cours de leur migration, certains groupes se sont sédentarisés ou semi-sédentarisés[5] », détaille le chercheur. Ronald Lee,  fondateur du Centre communautaire Rom de Toronto, lors d’un entretien accordé à L’Esprit libre, précise que leur migration s’est faite sur une période de temps plutôt rapide de l’Inde à l’Anatolie (la Turquie actuelle).  Le mouvement s’arrête dans les terres de l’Empire perse et reprend pour certain·e·s après quelques années, vers la Russie et surtout vers l’Europe. « Plus le groupe avance [vers l’ouest], plus un certain nombre se fixe en cours de route, ce qui explique l’éclatement multiculturel de ces nombreux sous-groupes », explique Léon Grimard.

Au fil des siècles, les Roms ont surtout été réprimé·e·s en Europe de l’Ouest et réduits en esclavage dans certains pays d’Europe centrale et de l’Est, notamment en Roumanie. Bien que ce fait soit rarement évoqué, les Tsiganes sont concerné·e·s au premier chef par les massacres de la Seconde Guerre mondiale. Selon la Fondation rom[6], on dénombre entre 500 000 à 2,5 millions de victimes.

La persécution des Roms continue dans la région après la guerre et avec le début de l’ère communiste. Elle prend différentes formes selon les pays : l’interdiction de voyager ou de parler la langue romani, des discriminations dans les systèmes d’éducation et de santé, la difficulté à gagner de l’argent, la menace quotidienne d’arrestation, la fermeture d’organisations roms, la ghettoïsation, etc.

« Les choses sont pires qu’avant le communisme »

« Même s’il y avait des discriminations à plusieurs niveaux, le communisme les maintenait en contrôle. Les Roms étaient officiellement protégé·e·s par le gouvernement », nuance Ronald Lee. Les gouvernements garantissaient un logement à tou·te·s, en ignorant l’ethnicité. Les Roms étaient majoritairement bien éduqué·e·s, comptant dans leurs rangs professeur·e·s, journalistes, médecins ou ingénieur·e·s.

La Yougoslavie est l’un des pays communistes où les Roms vivaient le mieux. Le pays « a accordé l’égalité de la citoyenneté, le langage, la culture et la musique étaient reconnus et il y avait des délégué·e·s roms au parlement yougoslave », détaille l’activiste, auteur et blogueur, Ronald Lee. En Roumanie, la politique violente de sédentarisation et d’assimilation du dictateur communiste Nicolae Ceausescu a permis d’améliorer les conditions de vie de la minorité[7]. Les villages étaient donc démantelés pour placer les Roms dans les villes. Si cette période n’a cependant pas empêché le rejet de la population rom, la ghettoïsation, les violences, les discriminations ou encore les rejets quotidiens, les gouvernements communistes ont tout de même permis de les endiguer.

Tout change avec la fin du communisme et l’éclatement de la Yougoslavie. Des républiques s’élèvent et les frontières commencent à s’ouvrir. « Tout redevient comme avant le communisme », regrette Ronald Lee. Les Roms deviennent des boucs émissaires faciles au sein de ces pays déstabilisés par les guerres et les conflits ethniques. Notamment en Bosnie, puis au Kosovo, où les guerres ethniques ont tué ou fait fuir des dizaines de milliers de Roms.

Pour Léon Grimard, les Roms d’Europe centrale et de l’Est étaient moins exclu·e·s à la fois socialement et économiquement durant la période communiste. En reprenant les écrits de Janos Ladanyi et de Ivan Szelenyi dans Patterns of exclusion, Léon Grimard différencie donc exclusion sociale et économique. Il explique qu’à l’instar des hors-castes en Inde, les Roms peuvent être exclu·e·s socialement, tout en occupant une niche économique qui permet de vivre relativement correctement. « À Budapest et en Hongrie, les deux exclusions sont à leur extrême, surtout depuis l’arrivée des mouvements néonazis et des skinheads », complète le chercheur[8]. La communauté fuit donc le racisme étatique, les nationalismes, les extrémismes politiques et les massacres vers le reste de l’Europe. Les Roms qui restent sont discriminé·e·s dans leur vie quotidienne. Le plus compliqué est de trouver du travail, notamment car plusieurs sont analphabètes ou des travailleurs et travailleuses sous-qualifié·e·s.

Inefficacité des mesures pour l’inclusion européenne des Roms

La période postcommuniste signe alors le début d’une multitude d’actions régionales de lutte contre la discrimination envers les Roms, mais dont le bilan s’avère mitigé. Parmi les dernières mises en place, on compte le Plan d’action européen pour l’intégration des Roms, accompagné de stratégies d’intégration nationale.

L’Agence pour les droits fondamentaux de l’UE explique dans son rapport de 2017 avoir généré des tendances positives, mais que des blocages subsistent. La République tchèque, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie avaient notamment pour objectifs spécifiques l’amélioration de la qualité de l’éducation et de l’inclusion et le maintien dans tout le système scolaire[9]. Des objectifs qui laissent un goût amer à Ronald Lee, qui assure que les choses sont de pire en pire. « Les personnes qui ont le plus besoin d’aide n’en reçoivent aucune », affirme l’intervenant auprès des Roms de Toronto.

En novembre 2016, l’Agence pour les droits fondamentaux de l’UE publiait une deuxième Enquête sur les minorités et la discrimination (EU-MIDIS II) réalisée dans neuf pays, majoritairement en Europe centrale et de l’Est[10]. Ainsi, 80 % des Roms qui ont répondu vivent sous le seuil de pauvreté. 41 % se sont senti·e·s discriminé·e·s à cause de leur ethnicité au moins une fois au cours des cinq dernières années, que ce soit au travail, dans la recherche d’un emploi ou dans les systèmes de santé et d’éducation. Le rejet est quotidien et s’additionne à une indifférence de la population et des gouvernements. Demeure alors un problème criant d’application des mesures socioéconomiques en question et donc des droits humains des Roms.

41 % des Roms se sentent discriminé·e·s

Les exemples de violences se bousculent dans les médias locaux. Les Roms de ces pays sont régulièrement attaqué·e·s et violenté·e·s, subissent aussi une forte judiciarisation et continuent d’être marginalisé·e·s au quotidien. Il y est aussi laborieux de trouver du travail ou même de suivre des cours. « Mon coiffeur rom m’a dit qu’il n’aurait jamais réussi en Hongrie , narre Ronald Lee. Les Roms des pays anciennement communistes […] vivent dans un état d’apartheid non déclaré. » Selon des données de 2003 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), en 1999 en Hongrie, en Slovaquie et en République tchèque, le taux de mortalité infantile rom était deux fois plus élevé que celui des non roms. Il est trois fois plus élevé en Roumanie[11].

En Macédoine, où les Roms constituent le troisième plus gros groupe ethnique, si elles et ils sont des citoyen·ne·s comme les autres en termes de droits et au sein des institutions, ce peuple constitue la communauté qui vit dans les pires conditions : les taux d’emplois et de réussite scolaire, ainsi que la qualité de leur habitation et la population universitaire rom sont les plus bas du pays[12]. Il en va de même en Serbie où 25 % des Roms n’ont pas d’électricité, où presque deux tiers manquent d’eau potable, où les trois quarts vivent sans système d’évacuation des eaux usées et où 60 % sont au chômage[13]. En République tchèque, la moitié appartient à la classe moyenne, l’autre est socialement exclue[14]. Enfin, la ségrégation à l’école est récurrente, notamment en Slovénie, en Hongrie et en Bulgarie. Pour les enfants qui peuvent s’inscrire, l’éducation est peu adaptée. Le nettoyage ethnique de 1999 au Kosovo a fait passer le nombre de Roms de 120 000 à 30 000 et la communauté continue d’être ouvertement rejetée des Albanais·es et des Serbes[15].

L’enjeu de l’Union européenne

Les raisons sous-jacentes au décalage entre les mesures supranationales et nationales en faveur de l’inclusion des Roms en Europe sont majoritairement politiques. L’entrée dans l’Union européenne des pays des Balkans, progressivement en 2004, 2007 et 2013, ainsi que la mise en place des différentes mesures d’inclusion européennes, ont permis d’améliorer quelque peu la situation économique des Roms. L’ouverture des frontières a par exemple facilité les déplacements pour une quête d’emploi ou d’une nouvelle vie. Seulement, tout cela n’a fait que renforcer leur marginalité sociale. Le sentiment xénophobe s’enracine en effet à travers tout le continent : leur présence est rejetée en Europe de l’Ouest, leur identité jugée incompatible avec la culture nationale[16].

En juin 2017, dans un article sur l’européanisation des droits des minorités en Serbie, la chercheuse au Département d’histoire et d’études politiques et internationales de l’Université de Porto Teresa Cierco explique qu’instaurer une politique d’inclusion des minorités (dont les Roms) était une condition imposée par le Conseil de l’Europe pour devenir membre de l’Union européenne[17]. Des pays comme la Roumanie ou la Serbie ont donc adopté des législations pour augmenter la protection des droits des minorités. De même, les plans d’actions et mesures supranationales devaient être appliqués nationalement par chaque pays : ils ont été acceptés, mais leur implémentation pose problème.

Des politiques « pavées d’intentions »

En 2016, la thèse de doctorat de Fényes Csaba, docteur en sociologie de l’Université de Pécs en Hongrie, établit que les politiques d’intégration des Roms sont « pavées d’intentions » politiques et électorales. Au-delà d’un manque de ressources des États et des acteurs locaux pour effectivement mettre en place les politiques d’intégration, il demeure un manque de volonté de la part des représentant·e·s politiques. Pour lui, cela va plus loin que le fait le budget de ces politiques est mal construit, voire manquant, et qu’il est surtout mal ciblé. Cela dépasse aussi le fait que les Roms ne sont pas impliqué·e·s dans ce processus qui les concerne, ni même dans son implémentation ou que les intervenant·e·s sur place sont peu impliqué·e·s. En réalité, si ces mesures ne fonctionnent pas, c’est que leur fondement est biaisé.

Le sociologue hongrois étaye que les politiques d’inclusion ont pour prémisse la lutte contre un racisme systémique qui mine le quotidien de la population discriminée. Cibler un racisme systémique revient à blâmer en partie la population, qui ne reconnaît être à l’origine d’aucune discrimination raciale. Baser la politique d’intégration sur une idée qui n’est pas partagée par la population revient à se tirer une balle dans le pied pour la classe politique dirigeante, car elle a besoin de cette même population pour être élue. Il est plus judicieux de tenir responsables les Roms de leurs propres difficultés socioéconomiques, pour que les actions de ces politiques publiques visent donc les Roms uniquement, pas la population. C’est la minorité le problème, d’autant plus que ses membres ne cherchent pas à s’assimiler et leurs mœurs dérangent l’espace public.

À travers cette responsabilisation, leur identité est déformée, car ces politiques d’inclusion sont aussi basées sur une certaine construction sociale et stéréotypée du Rom. Une telle prémisse engendre inévitablement du racisme et des discriminations systémiques. Le peuple rom est le seul responsable de sa marginalité, car sa culture est incompatible avec celle du pays : on l’associe à l’oisiveté, l’illicéité ou à une culture de la pauvreté.

Les « étrangers de l’intérieur »

Tenir pour responsable la population discriminée contribue à alimenter la haine envers elle. Les Roms sont non seulement responsables de leurs propres problèmes, mais aussi de tous les maux du pays. De par leur identité ou leur absence de territoire, elles et ils constituent le bouc émissaire idéal, les « parfait[·e·]s étrangers [et étrangères] de l’intérieur », dénonce Léon Grimard.

Pour Ronald Lee, la figure de l’étranger de l’intérieur n’est pas nouvelle, puisqu’Hitler « a fait la même chose avec les Juifs [et les Juives], Trump avec les Mexicain[·e·]s et les Musulman[·e·]s. C’est la même merde », s’irrite le chercheur avec désillusion, mais non sans écœurement. « Partout en Occident, l’étranger [ou l’étrangère] est devenu la tête de Turc », résume Léon Grimard. « En Hongrie, en Slovaquie, en Roumanie, il y a des partis de droite qui sont ouvertement anti-Roms, les blâmant de tout », continue Ronald Lee.

En Slovaquie, le racisme semble prendre racine au sein des institutions, selon le Centre européen pour les droits des Roms. En témoigne entre autres l’attaque par la police d’un quartier rom en mai 2017. Le président et son gouvernement critiquent la lutte contre la pauvreté rom et veulent plutôt réduire la criminalité en augmentant l’effectif policier dans les quartiers où les Roms se regroupent[18]. Une méthode qui illustre comment faire d’une minorité un souffre-douleur en la criminalisant. Pour Céline Bergeron, doctorante en géographie à l’Université de Poitiers, « le motif de l’illégalité de présence s’efface au profit de celui de la criminalité et pose les Roms comme une population extrêmement problématique », écrit-elle dans son blog du Monde diplomatique en juillet 2010[19]. On observe un renforcement du débat sécuritaire en Europe, sur lequel se construit un discours populiste grandissant. Il se retrouve notamment en Bulgarie, où les médias et les groupes d’extrême droite se focalisent sur le trafic humain, l’illégalité et la criminalité pour traiter des Roms. Déjà indésirables, ce peuple est désormais un problème de sécurité.

Un intérêt à les rendre invisibles

Cependant, si les Roms sont utilisé·e·s et pointé·e·s du doigt par les dirigeant·e·s politiques. Elles et ils peuvent aussi être flatté·e·s ou rendu·e·s invisibles pour les mêmes objectifs électoraux. La dissimulation prend premièrement la forme d’une imprécision des données démographiques : il manque beaucoup de données concernant les Roms et il est plus difficile qu’ailleurs de connaître précisément leur nombre et leur situation. En cause : un refus de s’identifier Rom, pour se préserver de violences. « Les gens se cachent par peur des représailles et des violences », non seulement systémiques et sociales, mais surtout physiques et directes, explique Léon Grimard.

Les gouvernements peuvent aussi les rendre invisibles par ghettoïsation ou simplement par indifférence. « Ils ont intérêt à minimiser le nombre de Roms dans les statistiques officielles, pour les passer sous le tapis », déclare le chercheur. Il s’appuie sur la thèse de la « guerre des nombres » de Colin Clark en expliquant que plus ce groupe est petit en nombre, plus ses besoins sont minimisés, moins l’État est forcé de régler ses problèmes (notamment au regard des instances européennes[20]). En témoignent les cinq siècles d’esclavage des Roms entre le XIVe et le XIXe siècles qui sont encore invisibles dans les manuels scolaires roumains.

Quant à la ghettoïsation, elle se justifie pour préserver l’ordre public dans les villes. « Dans les campagnes, l’ostracisme est beaucoup moins marqué, alors qu’en ville, c’est ce qu’on appelle l’ère du nouveau ghetto », explique Léon Grimard. On les regroupe dans des quartiers périphériques ou enclavés afin de les cacher des yeux de la population. « À Budapest [en Hongrie], c’est le pire ghetto rom d’Europe », alarme Léon Grimard.

 « L’histoire du nomadisme aujourd’hui, c’est du folklore »

Parmi les nombreuses idées reçues sur les Roms, le nomadisme est le plus prégnant. « L’histoire du nomadisme aujourd’hui, c’est du folklore », raille Léon Grimard. La mobilité rom a été (et est toujours) surtout liée aux circonstances, elle est stratégique. « À une époque, leur migration était volontaire, mais depuis plusieurs centaines d’années elle est devenue forcée. » Les grands conflits du XXe siècle sont à l’origine de la fuite de dizaines de milliers d’habitant·e·s des pays d’Europe centrale et de l’Est, qu’elles ou ils soient Roms ou non. Seulement, tou·te·s les Roms arrivé·e·s comme réfugié·e·s des guerres yougoslaves ont été désigné·e·s comme des « nomades », alors que la majorité était sédentaire depuis des siècles. Ce statut a exclu entre 120 000 et 150 000 personnes des programmes d’intégration auxquels les autres demandeurs et demandeuses d’asile et migrant·e·s ont droit[21].

L’exclusion dans leur pays d’origine et de résidence les pousse à rechercher une vie meilleure pour elles et eux et surtout pour leurs enfants. « [Les roms] veulent juste que leurs enfants soient bien éduqué·e·s », déclare Ronald Lee, dépité. Actuellement, en Europe centrale et de l’Est, la migration rom concerne une frange partiellement éduquée de la communauté totale, souvent la classe moyenne. « Qui peut quitter ces pays ? Les plus aisé·e·s n’ont pas besoin de migrer », dénonce Ronald Lee. Celles et ceux qui peuvent partir empruntent encore pour beaucoup à des prêteurs ou prêteuses, vendent leur maison et tous leurs biens, sacrifiant toutes leurs économies pour mieux vivre et améliorer la qualité de vie de leurs enfants.

« Depuis leur arrivée en Europe, les gouvernements les réduisent à des vagabond[·e·]s. Alors que quand les individus demandent le refuge depuis l’Europe, [elles et] ils ne veulent pas être nomades. Les Roms ne veulent pas de caravanes, mais bien s’installer dans un appartement. C’est la première chose que ce peuple veut à Toronto : un logement », clarifie-t-il d’après son expérience auprès des Roms de la métropole ontarienne.

Le Canada est aveugle aux persécutions des Roms

Après le Nigéria, la Hongrie est le deuxième pays de citoyenneté des arrivées de réfugié·e·s au Canada. En 2016, 1 205 Hongrois·e·s ont demandé l’asile, un total qui devance la Chine ou le Pakistan, selon les données d’Immigration Canada[22]. Bien qu’aucun chiffre ne le prouve, les études sur le sujet s’entendent pour valider que la majorité des réfugié·e·s de Hongrie sont des Roms en quête d’une vie quotidienne sans discriminations. Mais il en arrive de plus en plus des autres pays d’Europe centrale et de l’Est, notamment pour demander l’asile. Ce dernier leur est refusé, faute de preuves tangibles que leur situation dans leur pays d’origine est assez invivable pour justifier un besoin de refuge. Le problème est qu’elles et ils quittent des démocraties classées dans les pays sûrs. « Il est plus facile de fuir des régimes communistes que des démocraties », conclut Ronald Lee.

La perpétuation des stéréotypes, le désintérêt et le rejet auquel les Roms font face au Canada ne sont que la continuité de la persécution quittée. À l’instar des pays d’Europe de l’Ouest, le Canada est aveugle aux persécutions que subissent les Roms d’Europe centrale et de l’Est. L’accent est mis sur l’illégalité et la criminalité de l’immigration rom, mais aussi sur le coût de cette dernière[23]. Ronald Lee estime que 60 % des demandes d’asile roms sont acceptées, même s’il y a des hauts et des bas en fonction du contexte et du gouvernement au pouvoir, tout comme l’acceptation de l’immigration en général.

CARICATURE: Solal Comis 

[1] Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne, 2008, Rapport annuel 2008, rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne, Budapest.

[2] Statistique Canada, 11 septembre 2013, « Tableau 99-004-XWF. Profil de l’enquête nationale auprès des ménages (ENM), code 01 (Canada) », Enquête nationale auprès des ménages de 2011, Produit 99-004-XWF au catalogue de Statistique Canada, Ottawa, mis à jour le 27 novembre 2015. www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/dp-pd/prof/index.cfm?Lang=F

[3] Un tel écart est dû à plusieurs facteurs : la difficulté à les dénombrer de par leur grande diversité, la méconnaissance collective à leur sujet, une peur ou un simple refus de s’auto-identifier « Rom », etc.

[4] Jean-Pierre Dacheux et Bernard Delemotte, 2010, Roms de France, Roms en France. Le peuple du voyage, Le passager clandestin, coll. « Les Pratiques », Lyon.

[5] Les groupes roms semi-sédentaires possèdent un lieu d’installation durable. Leurs mouvements sont majoritairement forcés, mais demeurent volontaires en été, dans la quête d’emplois saisonniers.

[6] Voir le site web : rroma.org

[7] Marie-Hélène Giroux, 2001, « Les Roms : le cas particulier de la Hongrie et de la Roumanie », Revue québécoise de droit international, no. 13.2, Montréal. www.sqdi.org/fr/les-roms-le-cas-particulier-de-la-hongrie-et-de-la-rouma….

[8] Janos Ladanyi et Ivan Szelenyi, 2006, Patterns of Exclusion: Constructing Gypsy Ethnicity and the Making of an Underclass in Transnational Societies of Europe, Columbia University Press, coll. « East European Monographs », New York.

[9] Agence pour les droits fondamentaux de l’Union Européenne, 2017, Fundamental Rights Report 2017, rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union Européenne, Vienne. fra.europa.eu/en/publication/2017/fundamental-rights-report-2017

[10] Les neuf pays de l’enquête étant : la Bulgarie, la Croatie, la République tchèque, la Grèce, la Hongrie, le Portugal, la Roumanie, la Slovaquie et l’Espagne.

[11] Programme des Nations Unies pour le développement, 2003, Avoiding the dependency trap : The Roma Human Development Report, Rapport de développement humain, Programme des Nations Unies pour le développement, Bratislava. hdr.undp.org/en/content/avoiding-dependency-trap

[12] Project on Ethnic Relations, 2001, State policies toward the Roma in Macedonia, rapport de Project on Ethnic Relations, 13 et 14 octobre 2000, Skopje. www.per-usa.org/Reports/MacedoniaRoma.pdf

[13] Marija Bingulac, à paraître, « The hard life of Roma people in Serbia », dans Understanding Romani Deprivation in Serbia: From Symbolic Inclusion Prescriptions to Meaningful Pathways to Economic Integration, these de doctorat, University of Massachusetts – Centre for Social Policy, Boston. http://www.scholarsstrategynetwork.org/brief/hard-life-roma-people-serbia

[14] CTK, traduit par Gwendolyn Albert, 7 juin 2017, « Czech Govt report: Half of Romani population are middle class, half in social exclusion », Romea.cz, Prague. www.romea.cz/en/news/czech/czech-govt-report-half-of-romani-population-a….

[15] Laurent Geslin, juillet 2008, « Les Roms, « étrangers proches » des Balkans ». Le Monde diplomatique, Paris. www.monde-diplomatique.fr/2008/07/GESLIN/16065

[16] En témoignent les différentes actions du gouvernement français dans les années 2010, ainsi que les paroles de Manuel Valls, alors premier ministre. Voir : AFP, 24 septembre 2013, « Pour Valls, seule une minorité de Roms veulent s’intégrer ». Libération, Paris. www.liberation.fr/societe/2013/09/24/pour-valls-seule-une-minorite-de-ro….

[17] Teresa Cierco, 2017, « The Limits of Europeanization on Minority Rights in Serbia: The Roma Minority », International Journal on Minority and Group Rights, vol.24, no.2, pp.123-149. doi.org/10.1163/15685373-124021019

[18] European Roma Rights Center, 24 mai 2017, « Police Attack Roma Community in Slovakia: Children and Elderly Injured », European Roma Rights Center, Budapest. www.errc.org/article/police-attack-roma-community-in-slovakia-children-a….

[19] Céline Bergeron, 2010, « Roms et gens du voyage : l’histoire d’une persécution transnationale », Le Monde diplomatique, Paris. www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-07-29-Roms.

[20] Colin Clark, 1998, « Counting Backwards: the Roma ‘numbers game’ in Central and Eastern Europe », Radical Statistics, no.69, automne, Londres. www.radstats.org.uk/no069/article4.htm.

[21] Elena Marušiakova et Veselin Popov, 2008, « Les migrations des Roms balkaniques en Europe occidentale : mobilités passées et présentes », Balkanologie, vol. XI, no.1-2, Paris. journals.openedition.org/balkanologie/972

[22] Ronald Lee explique qu’elles et ils ont commencé à immigrer au Canada après les Première et Deuxième Guerres mondiales.

[23] Les Roms migrent souvent par le biais de trafic ou plus généralement de manière clandestine.

Élections françaises : Et si le changement, c’était vraiment maintenant?

Élections françaises : Et si le changement, c’était vraiment maintenant?

Par Emma Nottu

Au lendemain d’une élection présidentielle mouvementée, avec un résultat qui, pour la plupart, est aussi dérangeant que soulageant, la France devient le parfait modèle pour illustrer les conséquences d’un changement dans les valeurs politiques traditionnelles. Il ne faut pas se voiler la face, la distinction conventionnelle gauche/droite[i] n’est plus d’actualité. Aujourd’hui, il est donc plus que nécessaire de s’interroger sur les raisons qui ont mené vers l’émergence de cette rupture, mais aussi sur les conséquences que peut avoir ce nouvel ordre, dépassant les conceptions traditionnelles de la politique pour s’harmoniser avec une société mondialisée.  

Le dégagisme, et après?

Voilà donc le néologisme, remis au goût du jour par Jean-Luc Mélenchon après la primaire de gauche[ii], qui peut caractériser l’esprit électoral de cette présidentielle. S’il fallait le définir, on dirait qu’il « ne s’agit pas de prendre le pouvoir, mais de déloger celui qui le détient, de vider la place qu’il occupe[iii] ». Il est vrai que le résultat de la primaire de gauche a eu quelque chose de surprenant, ayant laissé un lourd impact sur les présidentielles, puisqu’il traduit l’écrasement du Parti socialiste (PS), qui pourtant régnait à l’Élysée. Or, en janvier, pour les électeurs et électrices socialistes, choisir Benoît Hamon, qui a représenté le parti lors de cette présidentielle, c’était écarter Manuel Valls, ancien premier ministre du gouvernement Hollande duquel il fallait absolument se séparer. En effet, l’ancien député frondeur incarnait des valeurs socialistes auxquelles les électeurs et électrices croyaient. Des valeurs qui ont été bafouées lors du dernier quinquennat, constituant ainsi une grosse déception pour beaucoup de Français·es). Cependant, ce comportement dégagiste a davantage fragilisé le parti, qui avait déjà subi les séquelles douloureuses de son quinquennat. Il était nécessaire de couper les ponts avec ce qui s’était passé dans l’ère de François Hollande, qui, pour Philippe Bilger par exemple, a constitué l’un des plus grands désastres de la Ve République[iv]. Il allait donc de soi pour celles et ceux de l’avis de Bilger qu’il fallait écarter la gauche, en lien direct avec cette vision négative du système, pour ces élections. De plus, malgré la divergence entre les idées de Hamon et de Hollande, le PS a été mis à mal.

Une fois l’un des acteurs éliminés, qui donc restait dans la course? Le choix le plus évident semblait celui du candidat des Républicains formant la droite traditionnelle française. À l’origine, si le parti de gauche était défavorisé, c’était celui de droite qui passait, et inversement. Or, ce dernier a vu sa campagne ternie par ses scandales financiers[v],  ce qui l’a également empêché d’accéder au second tour[vi]. Ainsi, les deux partis traditionnels se sont retrouvés évincés de cette élection par ce qui apparaît être un malheureux concours de circonstances. Ce hasard a joué en faveur des autres candidat·e·s favori·te·s de cette campagne qui se sont vite retrouvé·e·s en tête des sondages sans pourtant suivre le chemin politique ordinaire.

Une issue de secours?

Cette évolution a tout de même conduit un homme quasiment inconnu au bataillon sur la route de l’Élysée. Grâce à des idées ni trop à gauche, ni trop à droite, des talents d’orateurs liés à une formation qualifiée pour ce métier, ainsi que la chance de s’être retrouvé au bon endroit au bon moment, Emmanuel Macron est devenu président. Et ce, à peine un an après avoir lancé son mouvement En Marche![vii]

À l’opposé, le parti d’extrême droite, dirigé par Marine Le Pen, a connu son meilleur score aux élections présidentielles. Il est intéressant de noter que la montée du populisme est un phénomène présent dans plusieurs pays en Europe[viii], comme l’ont notamment montré les élections aux Pays-Bas[ix]. Le contexte européen actuel joue un rôle clé dans cette évolution politique. Beaucoup de pays ne croient plus en l’Union Européenne (UE) et à son pouvoir d’unité, et ce, surtout depuis la crise grecque[x] dont les lourdes conséquences se font encore sentir au sein de l’Union. Ce contexte a même conduit le Royaume-Uni vers la porte de sortie de l’Europe[xi]. Mais la politique n’est pas la seule responsable de cette déviation.

À notre époque, la mondialisation est omniprésente. Et l’Europe qui, après la guerre, a tenté de s’unir pour devenir une puissance pouvant concurrencer le reste du monde, peine à s’adapter à ce contexte. De plus, l’Euro, monnaie utilisée par la plupart des pays de l’UE, coûte beaucoup à ses pays membres, surtout depuis la crise. L’intérêt de la monnaie unique tend alors à s’effacer peu à peu. Alors, le doute s’installe, autant chez les politicien·ne·s que chez les citoyen·ne·s. La population ne sait plus si elle a réellement son mot à dire et ne se reconnait plus dans ses représentant·e·s politiques. C’est de là que vient la popularité du dégagisme. N’adhérant plus à ces valeurs traditionnelles, les électeurs et électrices se sont tourné·e·s vers quelque chose de nouveau, un message porteur d’espoir pour les élections françaises.

Il est difficile de faire une comparaison avec les différents pays européens pour cet aspect de la problématique, puisque chacun d’entre eux entretient un rapport unique vis-à-vis de l’UE, et que chacun a ses raisons de faire les choix qu’il fait.

Et ailleurs?

Ce phénomène n’est pas propre à l’Europe. La mondialisation apparaît comme une des causes primaires probables de ce changement. Ensuite, c’est le rapport de chaque pays face à ce phénomène économique et culturel qui a une réelle influence. Certains vont accueillir les différents flux de biens et de personnes à bras ouverts pendant une période de temps, ce qui ensuite entraînera des conséquences imprévisibles : par exemple, des divisions ethniques favorisant certains groupes au détriment des autres. Ces conséquences vont par la suite guider les politiques, ce qui peut mener à des tendances plus ou moins isolationnistes. Prenons comme exemple l’élection de Donald Trump, aux États-Unis. Malgré la couverture médiatique positive des deux mandats de Barack Obama et l’opinion publique favorable à la candidate démocrate Hillary Clinton, le candidat du parti d’opposition, qui, il faut dire, sortait lui aussi des sentiers battus, s’est retrouvé contre toute attente à la tête du pays[xii]. Cette élection peut être considérée comme une réaction contre l’afflux de migrant·e·s venant des pays du Moyen-Orient, pays connus pour abriter des minorités d’islamistes radicaux, responsables des attaques terroristes du tristement célèbre 11 septembre, ainsi que les organisations terroristes de l’État Islamique, ayant recruté les terroristes qui ont agi un peu partout en Europe ces dernières années. Si l’on continue dans cette réflexion, la peur est donc créée par association d’idée.  Afin de mettre cette idée en perspective, il est important de rappeler que « pour Marine Le Pen, présidente et candidate à la présidence française du Front national, la crise des migrant[·e·]s est un argument de plus pour amorcer à son tour la sortie de la France de l’Union européenne[xiii] ». De fait, la campagne de Donald Trump était axée en grande partie sur l’islamophobie. Dans le même ordre d’idées, l’élection de la chef du Front National (FN) était à craindre, puisque les récentes attaques ayant eu lieu en France auraient pu donner lieu à de lourdes tendances isolationnistes, voire xénophobes.

Cela serait donc une inclination à s’éloigner de ce que l’on craint. Faut-il donc conclure qu’à l’heure actuelle, le peuple est guidé par ce dont il a peur? Peut-être préfère-t-on le confort, plutôt que d’aller vers ce que l’on connaît mal. Élire Emmanuel Macron en France, c’était élire quelqu’un qui restait dans la continuité de Hollande, mais qui s’en distancie suffisamment pour gagner la confiance de ses électeurs et électrices, et qu’elles et ils puissent avoir le sentiment de sécurité nécessaire.

Mais encore, la question de la pertinence de la distinction gauche/droite à notre époque est importante à poser. En effet, cette distinction est née avec la Révolution française[xiv], qui a inspiré les changements politiques dans d’autres pays européens à cette époque. Cette révolution a ensuite mené à différentes interprétations du libéralisme, selon les contextes des différents pays. Or, cette doctrine ne peut plus tenir dans le contexte actuel de mondialisation, puisque cette distinction est avant tout historique, et moins idéologique[xv]. Cela ouvre donc la voie aux partis contestataires, tel le FN de Jean-Marie Le Pen, dont la fille a pris les rennes, puisque ses idées entrent dans une certaine mesure en conflit avec l’opposition binaire historique[xvi]. Il devient donc indispensable de refonder les principes du vivre-ensemble, pour empêcher le peuple de tomber dans une telle dérive idéologique.

À la source des histoires

Même s’il existe une relation entre les tendances électorales et les différents types d’électeurs et électrices, il est tout de même nécessaire que l’électorat ait une image claire de ses possibles choix de vote. Pour ce faire, lire les programmes est essentiel, mais les médias jouent aussi un rôle stratégique, parfois plus important que les acteurs et actrices politiques. Cependant, il est difficile de comprendre le rôle des réseaux d’informations dans l’élection française, puisque malgré la forte inclination à la diabolisation de la candidate du FN, cette dernière est parvenue à accéder au second tour. La peur serait-elle donc plus forte que l’opinion publique?

Pour finir, on peut considérer la plus récente présidentielle française comme marquant une rupture avec les distinctions conventionnelles, pour s’en aller vers quelque chose reflétant la société telle qu’elle est à l’heure actuelle. Elle implique avant tout une forte victoire contre le populisme, ce qui vient redonner de l’espoir à l’UE, encore affaiblie par le Brexit. Beaucoup de pays se retrouveront confrontés aux mêmes difficultés. Ça sera par exemple le cas de l’Allemagne, lors des élections de cet automne, pour lesquelles l’ombre du populisme est également présente. La population aura également le choix entre la continuité ou un renouveau radical. Chose certaine, une page importante de l’histoire est en train de se tourner.

Aussi dans ce dossier sur les élections françaises 2017 :

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CRÉDIT PHOTO: vfutscher

[i]               http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/11/31001-20140411ARTFIG0024…, consulté le 2017/04/29.

[ii]              http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/01/30/qu-est-ce-que-le-…, consulté le 2017/04/29.

[iii]             Ibid.

[iv]             http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/09/05/31001-20160905ARTFIG0009…, consulté le 2017/05/18.

[v]              À la fin du mois de janvier, un journal satirique français révélait que la femme de François Fillon, candidat à la présidentielle pour les Républicains, avait été rémunérée depuis une dizaine d’année pour un emploi supposément fictif, à hauteur de 500 000 euros. Plus d’informations ici :  http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/12/tout-comprendre-a…, consulté le 2017/05/18.

[vi]             Dans le système français, les élections se font en deux tours. Le premier oppose tous les candidats en lice, et seuls les deux ayant le score le plus élevé accèdent au second tour (à moins que l’un d’entre eux n’obtienne une majorité absolue, c’est à dire 50% des voies plus une).

[vii]            https://en-marche.fr/, consulté le 2017/05/18.

[viii]           https://www.lesechos.fr/06/02/2017/lesechos.fr/0211778077342_le-populism…, consultée le 2017/06/20.

[ix]             http://www.telegraph.co.uk/news/2017/03/16/won-dutch-election-does-mean-…, consulté le 2017/05/19.

[x]              Ayant débuté suite à la crise financière mondiale de 2008, la crise Grecque, a plongé le pays dans des dettes énormes. Le gouvernement a répondu en imposant des mesures d’austérité, ce qui a eu un impact sur tous les pays membres de l’UE. Plus d’infos ici : http://www.lemonde.fr/europe/video/2015/09/23/comprendre-la-crise-grecqu…, consulté le 2017/05/24.

[xi]             En juin 2016, le Royaume-Uni a organisé un referendum pour savoir si ses ressortissants désiraient sortir de l’Union Européenne. Le “oui” l’a emporté à 51,9%. Plus d’informations ici : http://www.bbc.com/news/uk-politics-32810887, consulté le 2017/05/21.

[xii]            Défiant tous les sondages, Donald Trump est élu 45e président des États-Unis le 9 novembre 2016. Plus d’informations ici : https://www.theguardian.com/us-news/2016/nov/09/donald-trump-wins-us-ele…, consulté le 2017/05/21.

[xiii]           http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2017/03/extreme-droite/euro…, consulté ;le 2017/06/20.

[xiv]           « La gauche et la droite n’ont d’existence que par rapport au phénomène révolutionnaire » affirme François Huguenin. Plus d’explications ici :  http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/11/31001-20140411ARTFIG0024…, consulté le 2017/04/29.

[xv]            Ibid.

[xvi]           Ibid.