La grande élévation du castells : « Le Peuple interdit », d’Alexandre Chartrand

La grande élévation du castells : « Le Peuple interdit », d’Alexandre Chartrand

Montréal, vendredi 14 octobre. C’est le soir, en plein centre-ville. Qu’avaient donc en commun Amir Khadir, Sol Zanetti, Xavier Barsalou-Duval et Jean-François Lisée, en plus de plusieurs chercheures et chercheuses et figures militantes de la sphère politique québécoise? Une salle de cinéma. Oui, beaucoup s’étaient déplacé-e-s, en cette pluvieuse soirée, pour assister à la première du film Le Peuple interdit du peintre et cinéaste québécois Alexandre Chartrand.

Le documentaire témoigne du grand mouvement indépendantiste en Catalogne, cette région du nord-est de l’Espagne, qui pourrait s’émanciper et habiter le monde. Nous décrivions cette mouvance politique catalane dans un précédent article[1] en janvier 2015. Le film d’Alexandre Chartrand, lui, relate les événements survenus entre le début 2014 et la fin 2015, en accompagnant notamment le président de la Generalitat (le parlement catalan) Artur Más, la porte-parole de l’Assemblea nacional catalana (ANC, assemblée populaire) Carme Forcadell et le militant dévoué Ferran Civit. Voici notre analyse de cette œuvre pour le moins engagée.

L’élévation

« Força, equilibri, valor i seny » : Force, équilibre, courage et bon sens, soutient la devise des castelliers et castellières. Le long-métrage s’ouvre sur d’immenses tours humaines, de huit ou neuf étages, que des dizaines de personnes de tous âges, de tout genre, contribuent à élever avec force, équilibre, courage et bon sens… La devise semble véritablement tatouée dans le cœur, comme sur leur peau[2]. Le castells est une tradition catalane issue du sud, vieille d’on ne sait plus quand, réunissant plusieurs fois par semaine des centaines de communautés à travers un territoire s’élargissant chaque année. Les Catalan-e-s co-construisent la grande tour de leur culture, et c’est elle, pièce par pièce, étage par étage, d’une génération à l’autre, qui bâtit un mouvement social qui nous semble maintenant irréductible. C’est un peu cette métaphore, véhiculée avec force, qui ouvre le documentaire alors qu’on nous offre à voir de magnifiques images d’un concours de castells en mouvement.

Le réalisateur Alexandre Chartrand raconte : « J’ai rencontré quelques personnes d’origine étrangère qui faisaient partie des castelliers et castellières et elles me disaient que c’était vraiment une belle façon de s’intégrer à la communauté, parce que chacun pouvait rapidement y retrouver son rôle. C’est vraiment des réseaux qui se créent, des gens qui se connaissent, qui se côtoient régulièrement. C’est en quelque sorte un grand réseau naturel de transmission de l’idée d’indépendance… J’essaie de trouver l’équivalent au Québec, mais les ligues de hockey de garage n’ont pas le même genre d’impacts sociaux, il me semble, que cette pratique-là. »,

Cette forme de solidarité proactive semble ancrée profondément dans la culture catalane. « Il y a aussi une expression qui dit que pour deux Catalan-e-s, il y a quatre associations. » Tout au long du film, les aventures de Chartrand au pays catalan nous transmettent efficacement comment la culture populaire de cette population apparaît dans son action politique.

Tout commença par la base

Agusti Nicolau-Coll, diplômé en histoire et géographie de l’Université de Barcelone et de l’UQAM, responsable des activités publiques du Centre justice et foi de Montréal, était aussi présent à la première du film. « Ce qu’on retient surtout du film, c’est que ce mouvement indépendantiste est surtout issu du la société civile, d’une base populaire. Ce n’est pas une proposition qui part des politicien-ne-s pour aller vers la population. C’est plutôt la société civile qui a poussé la classe politique, qui hésitait encore à entreprendre le chemin vers l’indépendance. C’était le moment de tourner la page, de devenir nationalistes et indépendantistes. C’est sans doute la perspective dans laquelle s’insère toute la trame du documentaire et qui était assez bien rendue. À mon avis, c’est ce qui constitue la nature vraiment singulière de ce mouvement indépendantiste catalan. »

En effet, la formidable hospitalité que réserve l’Assemblea nacional catalana, large organisation de la société civile, à la petite équipe de Chartrand dans Le peuple interdit nous permet d’entrer dans le monde unique d’un peuple infatigablement mobilisé : de l’assemblée populaire à la manifestation massive, du bureau de vote à la fête enflammée. Partout où le caméraman s’engouffre, il y a marées de monde qui scandent : « In-Inde-Independancia! ». S’il y a un aspect de l’indépendantisme catalan actuel dont Chartrand voulait témoigner par son film, c’est bien que ses fondations se sont ancrées dans un vaste mouvement social et populaire. C’est cette volonté populaire qui a réussi à mettre au pouvoir un gouvernement formé d’une coalition d’indépendantistes en 2015. C’est cette même force vive qui prendra enfin le droit de voter sur sa destinée. Et en sortant de la salle, il n’y a pas vraiment d’autres choix que d’y croire.

Et l’escalade continue

Le peuple interdit nous laisse sur une note quasi-héroïque. Artur Más, appelé à comparaître devant le tribunal constitutionnel, se rend solennellement à son procès. Il plaidera coupable d’avoir organisé un vote illégal, soit la consultation populaire du 9 novembre 2014 sur l’avenir politique de la Catalogne. L’accusation, évidemment, est portée par Madrid. Des centaines de personnes marchent derrière lui pour l’appuyer et se dénoncer elles-mêmes. Les images, prises par des téléphones cette fois, ne traduisent pas moins l’éloquence de cette autre démonstration de solidarité citoyenne. Et comme si on n’y croyait pas encore tout à fait, la foule entonne avec ferveur l’hymne national catalan, alors que les crédits du générique défilent lentement à l’écran.

« Et la suite ? », fut la première question d’Amir Khadir une fois le film terminé. Agusti Nicolau-Coll était là pour lui répondre, et il ne manque pas d’informations. Il expliqua qu’il y avait bien une feuille de route qui avait été déterminée suite aux élections du 27 septembre 2015 : on écrit une constitution et on la propose au peuple par la suite. Or, elle a été mise de côté suite aux nombreux changements qui ont été provoqués par la balance du pouvoir du parti indépendantiste de gauche Candidatura de Unidad Popular (CUP). Alors, la feuille de route fut redéfinie. D’autant plus que le résultat de l’élection n’était pas tout à fait assez légitime pour permettre au parlement de rédiger une constitution préalable, la nouvelle stratégie est de convoquer un référendum « Oui » ou « Non » avec une question claire univoque. Ce référendum devrait se produire en septembre 2017, au plus tard en décembre 2017. « Entre temps, dit-il, il va se passer trois choses :

  1. L’approbation du budget 2017 avant le 31 décembre 2016 ;
  2. Une consultation publique sur le contenu de la constitution à venir en impliquant le maximum de la société civile ;
  3.  L’approbation des lois de déconnexion (économique, administrative, juridique et politique) pour délimiter un cadre légal propre et prêt pour la victoire potentielle du “Oui” au référendum. »

Les retombées

Et pour Alexandre Chartrand, à quoi ressemblent les prochains projets? Il travaille déjà sur la suite, nous révèle-t-il : « J’espère pouvoir aller voir la suite sur le terrain. Je suis en démarche à cet effet. Je ne peux pas tout révéler de mon projet, mais je suis en contact avec différents militant-e-s, des député-e-s ; des gens qui sont en première ligne. » Chartrand est somme toute très satisfait de la réaction des politiciens (que des hommes) présents à sa projection : « Ce qui m’a vraiment enchanté, c’est qu’à la sortie du cinéma, sur le trottoir devant la salle, il y a subitement eu un petit regroupement avec Amir Khadir, Xavier Barsalou-Duval et Sol Zanetti pour parler de stratégie politique afin d’offrir leur solidarité à la Catalogne. Ça m’a touché, mais ça m’a aussi montré à quel point ce film était nécessaire. » Si l’œuvre, en ce moment en tournée en Catalogne, en a certes inspiré plusieurs, il reste encore à voir si le mouvement peut de nouveau s’avérer aussi populaire, au sens propre du terme, dans notre coin de pays.


CRÉDIT PHOTO: Vincent Gonneville

[1]Jean Patrak, 15 janvier 2015 http://revuelespritlibre.org/le-petit-triomphe-de-la-memoire-catalane

[2] Ara Barcelona, 30 mai 2015 http://www.ara.cat/castells/Descobreix-millors-tatuatges-castellers_0_1366663559.html

L’Empreinte: la construction du mythe colonial

L’Empreinte: la construction du mythe colonial

Par Julia Dubé

En salle depuis mars dernier, le documentaire L’Empreinte coréalisé par Carole Poliquin et Yvan Dubuc se porte garant d’un ambitieux projet de définir ce qu’est LA culture québécoise, en prenant comme point de départ l’époque coloniale. Cette relecture de l’histoire présente une réflexion identitaire assez essentialiste, tout en romançant notre passé colonial.

Modèle de colonisation « unique »

La quête identitaire portée par l’Empreinte propose en premier lieu de réinterroger la façon dont le peuple québécois se raconte l’époque coloniale avant le régime britannique. Les premières minutes du film mettent en scène Roy Dupuis, figure protagoniste du documentaire, et l’historien-sociologue Denys Delâge, discutant ensemble de l’arrivée de Champlain et des premières alliances forgées avec les peuples amérindiens. Longeant le bord du fleuve Saint-Laurent, les deux hommes soulignent l’idée selon laquelle les colons français se seraient dès le départ intégrés aux « premiers » peuples tout en développant des relations basées sur le respect des traditions amérindiennes. À travers la « proximité quotidienne des premiers 150 ans », la « façon de faire amérindienne » aurait séduit nos ancêtres qui se seraient laissés imprégner de ces valeurs. Attirés par l’égalitarisme et la coopération des sociétés autochtones, les colons français se seraient donc progressivement métissés, ouvrant ainsi un espace d’échange culturel et de partage d’idées plus collectives qu’individuelles. Quelques scènes plus tard, Roy Dupuis s’entretient avec l’anthropologue Serge Bouchard, bien installé dans le confort d’un luxueux chalet en région. Même constat : les Français-es fraîchement débarqué-e-s auraient préféré la liberté et la vie des bois plutôt que de perpétrer le modèle hiérarchique européen, et se seraient littéralement ensauvagé-e-s. Descendante métissée de cette période de contacts, de là prendrait racine la culture québécoise d’aujourd’hui. À plusieurs reprises, le documentaire nous met devant le constat d’une colonisation unique au monde, éloignée d’ardeurs impérialistes tel que ce fut le cas ailleurs en Amérique, et même dans le monde. Et c’est plutôt tentant comme image : sur un gros plan de cours d’eau bleu acier, une voix féminine d’une narratrice hétérodiégétique nous parle de nos « mères amérindiennes qui nous ont bercés ». Cette représentation de la femme autochtone comme être mythique illustre également la femme autochtone comme figure parentale protégeant le bébé métissé, présenté ici comme notre ancêtre. Cette image est hautement problématique à cause du remodelage romantique du colonialisme qu’elle sous-entend. Cela nous amène à revisiter quelques notions historiques fondamentales que l’Empreinte met délibérément de côté. La période du siècle et demi dont parle le documentaire fait référence au Régime français, période pendant laquelle les Européen-e-s développent bel et bien des partenariats socio-économiques avec les autochtones, notamment la lucrative traite de fourrure. En considérant qu’au départ les Européen-e-s sont minoritaires dans la colonie, les autochtones deviennent rapidement une composante essentielle de la vie en Nouvelle-France, tant par leur rôle économique que militaire. Perçu-e-s alors comme des allié-e-s, il n’en reste pas moins que l’objectif initial à travers le projet colonial de la monarchie est d’en arriver à assujettir ces autochtones, soit littéralement les rendre sujets du roi (1). En ce sens, les autorités françaises ainsi que l’Église sont portées par l’idée utopique d’une France régénérée, et cela passe par une société débarrassée des traditions arriérées des « sauvages » pour laisser place à une chrétienté ranimée dans un nouveau pays. Contrairement au discours de l’Empreinte, il ne faut pas attendre la conquête britannique pour voir apparaître les idées ethnocentriques d’une supériorité culturelle européenne. En fait, dès le début du 17e siècle, on assiste aux premières tentatives des jésuites qui souhaitent évangéliser les « sauvages », ainsi qu’à plusieurs programmes d’assimilation misant sur la transformation du sauvage en citoyen-ne de par sa conversion à la religion catholique. L’État royal souhaite ainsi « naturaliser » le sauvage, c’est-à-dire lui reconnaître un statut similaire à celui du colon français de façon à l’incorporer et à le soumettre à la monarchie. Et cela doit se faire en douceur, comme l’explique Louis XIV à l’intendant Duschesneau en 1681 : « que ces Indiens s’y portent par leur propre intérest […] c’est par la douceur que l’on parviendra à les apprivoiser » (2). L’erreur flagrante de l’Empreinte réside exactement dans la non-reconnaissance du projet colonial et assimilateur présent dès l’arrivée des Français-es. En situant la cassure lors du passage au Régime anglais, le documentaire attribue l’apparition des rapports discriminatoires à la prise de pouvoir des Britanniques, de façon à victimiser le peuple franco-canadien qui aurait été forcé de rompre le lien de confiance construit avec ses « frères-sœurs » autochtones. Une telle omission du projet colonial, dans ses tentatives d’évangéliser pour « civiliser » le sauvage, met en place un cadre idéal pour la construction d’une identité autochtone essentialisée.

Construction d’un sujet colonisé

D’un-e interlocuteur-rice à l’autre, le documentaire dresse une liste de valeurs que la société québécoise aurait héritées de la culture autochtone. De sa discussion avec le fiscaliste Luc Godbout, Roy Dupuis souligne que le peuple québécois correspond à l’exemple d’une société égalitaire basée sur la redistribution des richesses. Godbout affirme ainsi que lorsque le gouvernement prélève des taxes et des impôts, c’est pour le remettre dans les services publics. Puis, s’entretenant avec la juriste Louise Otis, on insiste sur la recherche d’harmonie et de consensus caractérisant le peuple québécois, notamment en prenant comme exemple l’existence de juges médiateur-rice-s dans le système juridique québécois. On en conclut que « la pensée en cercle » amérindienne aurait donc influencé l’organisation sociétale québécoise afin de remplacer tranquillement les rapports hiérarchiques pyramidaux hérités de nos racines européennes. Bref, ces valeurs québécoises de communautarisme et de recherche d’harmonie — identifiées de façon plutôt arbitraire — découleraient donc d’un état d’esprit autochtone s’étant imprégné dans la conscience collective québécoise, une façon de faire qui aurait traversé les époques. Imposée et ficelée par la société dominante, cette définition identitaire présente une image statique et a-historique de la culture autochtone, tout en l’homogénéisant. En effet, il n’est nulle part question de la multiplicité des différentes nations et cultures autochtones, tandis qu’on se rabat simplement sur la représentation du cercle amérindien comme symbole de l’unique façon de penser amérindienne. Derrière cette définition essentialiste de la culture autochtone se cachent donc bel et bien des rapports de dominations (3). En effet, ce sont les allochtones qui imputent la différence aux autochtones, ce qui vient confirmer leur position d’altérité dans le système monde. En procédant à cette identification essentialiste de l’autochtone, le documentaire laisse peu de place au principal concerné quant à la possibilité de s’autodéfinir. En niant la capacité d’action (agency) des communautés autochtones dans ce processus identitaire, le documentaire crée l’Autre, une figure imaginée, homogène et déconnectée de la réalité (4) pour les besoins du film. Et même si l’image de l’autochtone est célébrée, l’Empreinte s’approprie ce pouvoir de représentation en créant cet Autre confiné dans un espace restreint, tout en excluant de cette construction identitaire la voix des peuples ainsi représentés. Bref, le documentaire semble négliger la composante autoritaire dans la représentation d’un sujet colonisé, et comme nous le verrons, relativement invisible dans l’ensemble du film.

Surreprésentation et invisibilité

Faisant de constantes références à ces valeurs québécoises transmises par les contacts entre peuples, on ne parle finalement que très peu des autochtones. Outre les quelques informations données par la poétesse innue Joséphine Bacon, les entretiens avec les invité-e-s traitent pour la plupart du temps sur leur expérience du vivre québécois, mêlée du mystérieux ressentiment d’avoir quelque chose d’autochtone bien caché en eux. Pour un documentaire sur la richesse d’un partage à travers la proximité avec les autochtones, le sujet lui-même est carrément invisible. Paradoxalement, le film met de l’avant une abondance de représentations disparates de la société québécoise blanche, mais pas une seule représentant le quotidien de la vie autochtone d’aujourd’hui. En surreprésentant la figure du Québécois blanc, le documentaire l’Empreinte, comme la majorité des productions audiovisuelles occidentales, place l’image de l’homme blanc comme norme, comme standard. De sa prédominance disproportionnée, il atteint le statut de la normalité, c’est-à-dire qu’on l’associe à l’image de l’être humain universel (5). Ainsi, une surprésence de la représentation de l’homme blanc articule et instaure un espace discursif et occidental imbriqué dans une dichotomie blanc/non-blanc. Une telle hégémonie dans les représentations agit sur le discours populaire et transporte une vision du monde minée de stéréotypes raciaux. En instaurant la culture dominante occidentale comme point de référence, elle devient présente dans les processus d’identification à travers lesquelles se négocient les cultures sous-représentées (6). En résumé, le discours et les images portés par l’Empreinte reprennent également cette surreprésentation hégémonique, en raison de l’absence des voix et des images de peuples autochtones. Au final, l’interrogation identitaire soulevée par le film encourage le peuple québécois à conceptualiser son identité de façon très fixe, comme s’il suffisait de cibler les traits majeurs et d’en faire l’énumération. En prétendant que ces valeurs sont originaires des communautés autochtones, on présente au public des stéréotypes récurrents associés aux autochtones, par exemple, l’amour inné pour la nature. Suite au visionnement, cette vision romantique est très séduisante pour les Québécois à qui l’on vient d’expliquer que leur sang s’est mêlé à celui de l’autochtone, ce qui lui a conféré des vertus quasi magiques. En plus, le documentaire situe le peuple québécois comme victime de la colonisation des Britanniques, en omettant simultanément les gestes ethnocides commis par l’autorité française. Réconforté par ce remaniement historique, le public repart paisiblement avec un bagage considérable de stéréotypes vis-à-vis des autochtones et avec un mythe colonial adouci. Sans contredit, l’Empreinte n’invite aucunement le public à s’intéresser au quotidien des peuples autochtones. En effet, on ne mentionne rien par rapport aux revendications territoriales, aux répercussions du Plan Nord, aux cinéastes et musicien-ne-s émergent-e-s, à la vie autochtone en milieu urbain, bref, rien sur les réalités autochtones d’aujourd’hui. En se concentrant sur le feeling d’avoir du sang autochtone, le documentaire renvoie une fois de plus à l’image des « peuples invisibles ».  


(1) Havard, Gilles (2009) “Les forcer à devenir cytoyens – État, Sauvages et citoyenneté en Nouvelle-France (XVIIe-XVIIIe siècle) », Annales. Histoire, Sciences Sociales, p.992. (2) Ibid (3) Juteau, Danielle (1996) « L’ethnicité comme rapport social », Mots, no.49, p.102. (4) Said, Edward W. (1989) « Representing the Colonized : Anthropology’s Interlocutors”, Critical Inquiry, Vol.15, no.2, p.210. (5) Moreton-Robison, Aileen (2004) “Whiteness, epistemology and Indigenous representation” in “Whitening Race: Essays in Social and Cultural Criticism”, Aboriginal Studies Press, p.78. (6) Leavitt, Peter A. (2015) « ‘Frozen in Time’: The Impact of Native American Media Representations on Identity and Self-Understanding”, Journal of Social Issues, vol.71, no.1, p.40.